Projet MSF-PREVAL : Mesure de la prévalence des « mutilations sexuelles féminines » en France

Mutilation génitale ou sexuelle féminine / excision

« Toutes les interventions aboutissant à une  ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme et/ou toute autre lésion des organes génitaux féminins pratiquée à des fins non thérapeutiques. » 

Organisation mondiale de la santé, 1997, « Les mutilations sexuelles féminines. Déclaration commune OMS/UNICEF/FNUAP ».

CONTEXTE

Aujourd’hui dans le monde, au moins 200 millions de femmes adultes et mineures ont subi une forme de mutilation génitale féminine/excision (MGF/E) [1]. Ces pratiques ont longtemps été cantonnées au seul continent africain, en raison du nombre important de pays africains concernés (27 pays). Néanmoins, ces pratiques sont aujourd’hui observées sur presque tous les continents, notamment du fait de l‘intensification des flux migratoires des pays du Sud vers les pays du Nord [2].

Dans les pays historiquement concernés par la pratique, des données d’enquêtes sociodémographiques réalisées en population générale permettent d’avoir une mesure directe de la prévalence de la pratique. Dans les pays de migration, ce type de données n’existe pas et les estimations sont alors réalisées de manière indirecte. En France, la dernière estimation de ce type fait état de 125 000 femmes adultes ayant subi une MGF/E et vivant en France au début des années 2010 [3]. Si ces estimations peuvent fournir des données aux professionnel·les de santé pour la prise en charge des femmes concernées, elles présentent cependant un certain nombre de limites et biais méthodologiques [4].

Le contexte spécifique de la France, relativement pionnière sur cette question, avec une expertise scientifique reconnue ainsi qu’une forte mobilisation des milieux associatifs, des pouvoirs publics et des professionnel·les de santé plus nombreux·ses à être sensibilisé·es et formé·es à la question, s’avère aujourd’hui particulièrement favorable pour tester un nouvel outil de collecte de données de suivi des MGF/E sur le territoire national.

OBJECTIFS

  • Expérimenter un outil de collecte permettant une production régulière de données sur l‘évolution de la prévalence des MGF/E en France (enquête de prévalence).
  • Tester le dispositif dans des territoires différents selon le niveau attendu de la prévalence de la pratique (élevé / moyen / faible) afin d’évaluer sa pertinence et son éventuelle réplication à l‘échelle nationale.
Où ?

Dans trois départements pilotes : Seine-Saint-Denis, Rhône, Alpes-Maritimes.

Dans un échantillon d’établissements de santé : maternités (publiques et privées), services de gynécologie des CH, PMI, CPEF, centres de vaccinations internationales, centres de prévention universitaire et CASO.

Qui ?

Toute femme majeure fréquentant un des établissements de santé sélectionnés durant la période de l ‘enquête.

Comment ?

A travers l‘administration, par les professionnel·les de santé, d’un questionnaire de format très court qui puisse s’intégrer facilement dans la pratique médicale.

Quand ?

Sur une durée d’1 mois.

Pour en savoir plus :


Coordinatrice du projet : Marie Lesclingand, MCF à l’Université Côte d’Azur (URMIS)

Comité scientifique :

  • Armelle Andro, professeure à l’Université Paris 1 (CRIDUP)
  • Sarah Boisson, doctorante CNRS à l’Université Côte d’Azur (URMIS)
  • Marie Lesclingand, MCF à l’Université Côte d’Azur (URMIS)
  • Fatoumata Sylla, doctorante à l’Université Paris Saclay (CESP)