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Présentation de Jessica Roda, « Cyberféminisme, Women’s Power, et Feminité(s). À la rencontre de l’ultra-Orthodoxie juive en Amérique du nord ou comment repenser l’autorité religieuse »

26 novembre – – 14 h 30 min 16 h 30 min

A l’occasion de l’invitation à l’Urmis de la chercheuse Jessica Roda, le groupe de recherche genre de l’Urmis organise une séance exceptionnelle afin de l’écouter présenter ses travaux.

Assistant professor à Georgetown University, Jessica Roda est anthropologue et ethnomusicologue. Après des travaux sur la mémoire judéo-espagnole en France et au Canada, elle travaille aujourd’hui  sur les parcours artistiques de femmes ultra-orthodoxes ou anciennement ultraorthodoxes aux États-Unis et au Canada.

“Cyberféminisme, Women’s Power, et Feminité(s).

À la rencontre de l’ultra-Orthodoxie juive en Amérique du nord ou comment repenser l’autorité religieuse”

Présentation de Jessica Roda, Assistant professor à Georgetown University.

Photo Jessica Roda

À partir d’une ethnographie conduite en ligne et in situ entre 2015 et 2021 auprès de communautés ultra-orthodoxes à New York et Montréal, cette présentation met en lumière les mécanismes mis à l’œuvre par les femmes pour créer un espace discursif à l’autorité religieuse. On découvrira comment ces femmes religieuses utilisent les médias sociaux comme un espace contre-public transformateur (Fraser 1990 ; Warner 2002 ; Hirschkind 2006 ; Fader 2020), dans lequel elles simultanément défient et renforcent les normes et l’autorité religieuses. Le terme « contre-public » fait référence à la tentative d’un groupe de créer une arène subversive comme alternative à une sphère publique dominante. Dans le contexte de la communauté juive ultra-orthodoxe, le discours public dominant fait référence à la « guerre » contre Internet et les médias sociaux menée par les chefs religieux ainsi que la forte opposition à la publication de visages et des voix de femmes par respect des règles de tznius (modestie) et kol isha (voix de la femme). Cet acte simultané de renforcement et de remise en cause des normes couvre de multiples nouvelles expressions et compréhensions de l’autonomisation et de la modestie des femmes.

L’exemple des femmes ultra-orthodoxes sera lu à partir de l’angle du féminisme postcolonial (Mahmood 2004, Mohanty 2003, McLaren 2017, Khader 2019), offrant une nouvelle lecture sur la compréhension des communautés religieuses conservatives vivant dans les sociétés libérales. En conclusion, il s’agira de pousser la réflexion sur le religieux comme un type particulier de formation raciale ou de racialisation, en raison de l’expérience incarnée par et dans le corps (Yukich et Edgell 2019).

La séance aura lieu le vendredi 26 novembre entre 14h30 et 16h30, en salle 115 (bâtiment Olympe de Gouges, 1er étage).

Contact : Béatrice de Gasquet