Les Cahiers de l’Urmis

Les Cahiers de l’Urmis sont avant tout le reflet des travaux en cours et des nouveaux chantiers de recherche dans le laboratoire, un lieu de débat avec les équipes françaises et étrangères et un support d’expression pour les doctorants et les jeunes chercheurs. Composée de chercheurs du laboratoire, l’équipe éditoriale joue un rôle actif dans la sélection des thèmes pertinents, la révision des articles et la fabrication de la revue. Elle s’efforce de promouvoir des approches et des thèmes nouveaux, de faire connaître des travaux peu connus de jeunes chercheurs (thèses, rapports, etc.) tout en veillant à  satisfaire aux critères de qualité et aux normes techniques de l’édition scientifique.

Le numéro 18 des Cahiers de l’Urmis est paru en juillet 2019, intitulé « Aux frontières de l’Autre : territoire et appartenance en question ». Coordonné par Odile Hoffmann et Grégoire Schlemmer, il est le fruit d’une réflexion collective sur l’articulation entre territoire et appartenance menée dans le cadre de l’Urmis, en tant qu’axe de recherche constitué durant 4 ans sous l’intitulé Mobilité, mémoire et rapport au territoire, dans lequel plus d’une dizaine de personnes, chercheurs et enseignants de plusieurs disciplines et travaillant sur différentes parties du monde, ont échangé autour de cette thématique lors de plusieurs journées d’étude.

Au sens éthologique du terme, on peut définir le territoire comme une zone marquée et défendue ; c’est un espace approprié pour la survie et la reproduction. Les sciences sociales le conçoivent de plus comme un espace construit par de multiples formes de contrôle et d’appropriation : économique (c’est le lieu de production des ressources), juridique et politique (c’est le lieu de déploiement de la souveraineté), sans oublier l’investissement cognitif et affectif que les sociétés et les individus y projettent. Tant pour les morts qui y sont enterrés, les constructions qui y ont été bâties que pour les récits qui y localisent les événements passés, le territoire est souvent une zone de référence, un espace d’enracinement, un lieu de mémoire. Il forme ainsi une ressource précieuse, aux dimensions multiples, qui est façonnée par les humains qui y laissent une empreinte écologique réelle, mais aussi idéelle pour certaines populations pour qui, par exemple, la terre, c’est de la chair d’ancêtres. Le territoire les façonne en retour quand les caractéristiques botanique, climatique, géologique, etc. de l’espace orientent les connaissances et les pratiques élaborées pour subvenir à l’alimentation, à l’habitat et à l’ensemble du mode de vie. Ce lien consubstantiel caractérise l’autochtonie au sens propre : le fait de « naître de la terre » et de devoir lutter pour la maîtrise d’un territoire. Il est souvent au cœur des revendications collectives et participe de ce fait aux discours politiques contemporains.


Derniers numéros publiés : https://journals.openedition.org/urmis (anciennement, revues.org) :


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