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300 jours de détention pour Fariba Adelkhah

© Stéphanie Samper

2 avril 2020. Nous sommes confinés depuis 20 jours. Fariba Adelkhah, chercheuse au Centre de recherches internationales de Sciences Po Paris, est en prison depuis 300 jours en Iran. En affichant son visage sur le site des institutions universitaires et des équipes de recherche de France, nous voulons manifester le soutien de la communauté scientifique et inciter le gouvernement à tout mettre en œuvre pour sa libération.

Fariba est en danger. Nous devons agir d’urgence pour elle.


Lettre du comité de soutien adressée à Mme Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche

Paris, le 30 mars 2020,

Madame la Ministre,

Ce lundi 30 mars 2020, voilà 300 jours que Fariba Adelkhah et Roland Marchal, tous deux chercheurs au Centre de recherches internationales de Sciences Po, ont été arrêtés en Iran. Le 20 mars, Roland a été libéré, mais Fariba est restée derrière les barreaux de la prison d’Evin. Ne l’oubliez pas !

Après 49 jours de grève de la faim, et un très long sit in de protestation dans les couloirs de la prison, Fariba Adelkhah est extrêmement affaiblie. Son état de santé est d’autant plus préoccupant que l’épidémie de coronavirus frappe avec une grande violence le milieu carcéral iranien, au point que les autorités ont décidé de libérer des dizaines de milliers de prisonniers. Mais pas Fariba. Ne l’oublions pas !

Depuis le début, la communauté académique internationale fait bloc derrière nos deux collègues emprisonnés. Elle a accueilli avec bonheur et soulagement la libération de Roland Marchal. Mais de toutes les disciplines et de tous les pays s’exprime aujourd’hui une très forte inquiétude quant au sort de Fariba. Ne l’oublions pas !

Aujourd’hui, après 300 jours de détention, nous vous demandons solennellement, Madame la Ministre, de répondre à notre appel réitéré à une suspension de la coopération scientifique institutionnelle avec la République islamique d’Iran, ne serait-ce que par simple décence. Cet appel a été relayé, ces derniers mois, par les plus hautes instances scientifiques nationales et internationales (voir les prises de position sur https://faribaroland.hypotheses.org/category/statements).

La solidarité internationale qui se manifeste actuellement autour de la crise sanitaire – y compris pour aider l’Iran à y faire face – souligne l’importance d’une recherche libre et indépendante. A l’heure où, dans le monde entier, les chercheurs sont mobilisés pour lutter contre l’épidémie du COVID-19, il ne peut y avoir de prisonniers scientifiques derrière les barreaux. Ne les oublions pas !

En vous remerciant de l’attention que vous accorderez à notre démarche, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

Le Comité de soutien à Fariba Adelkhah et Roland Marchal
https://faribaroland.hypotheses.org