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1ère séance du séminaire « Migrations, Circulations et Altérités » à l’Urmis Paris le 14 octobre

manif asile
Manifestation pour le droit d’asile (Lausanne, le 1er octobre 2016), photo Gustave Deghilage https://flic.kr/s/aHskHVBiMx

La première séance du séminaire « Migrations, Circulations et Altérités » Urmis Paris 2019-2020 aura lieu le lundi 14 octobre, de 14h à 17h, salle M19 du bâtiment Olympe de Gouges. 

Présentation des 2 interventions :

Dolores Paris : « Politiques de dissuasion de l’asile : le cas de la frontière entre les États Unis et le Mexique« 

Depuis janvier 2019, le gouvernement des États Unis a mis en place, avec l’accord du Mexique, un programme qui permet de renvoyer des demandeurs d’asile vers le territoire mexicain pour y attendre tout au long de leur procédure, c’est-à-dire pendant des mois, voire des années. C’est ainsi que des milliers de personnes de pays d’Amérique Latine et des Caraïbes ont été forcées à retourner vers les villes de la frontières nord du Mexique où elles survivent dans des limbes juridiques et sociales, sans statut migratoire et pratiquement sans soutien institutionnel de la part des autorités mexicaines. Nous discuterons donc quelques effets politiques de l’attente dans ce « le long corridor », en particulier la construction d’espaces intermédiaires et de situations liminales, où les étrangers sont dépouillés de leurs droits et de leur statut social. 

Delphine Perrin : « Frontières mouvantes et métamorphoses du droit d’asile dans l’espace méditerranéen : la fin des réfugiés ? »

Dès le début des années 1990, le principe de non refoulement, sans lequel il n’existe pas de droit d’asile, est considéré comme la principale source d’entrées et de séjours irréguliers. Toute une création juridique est alors mise au service du contournement et du déplacement de ce principe. Au cours du processus d’harmonisation des politiques d’asile européennes, mais aussi en dehors, des mécanismes et des procédures sont imaginés pour faciliter et justifier les refus d’examen des demandes d’asile ; les frontières et les territoires sont redéfinis en frontière-zones au droit spécial, en pays tiers sûrs et autres pays de premier asile permettant de  délocaliser la protection, voire le refoulement.  Parallèlement, les pays du pourtour méditerranéen et d’Afrique ainsi redéfinis sont appelés à développer leur capacité de protection ou au moins de réadmission. Ils n’y consentent généralement qu’avec une mise aux enchères de leur contribution, ou par l’importation de ces mêmes procédures et mécanismes permettant le contournement et le déplacement, toujours plus loin, du principe de non refoulement.
Cette géopolitique du droit d’asile met en lumière des frontières, comme des passerelles peu visibles, ainsi que des dynamiques particulières de diffusion des normes et des valeurs au-delà des territoires.